La Tuna de Distrito de Pau



Le Costume :

'est certainement l'élément le plus caractéristique de la tradition tuníl car le plus voyant.
  Comme il est normal, ce costume a Ă©voluĂ© au cours des siècles.

Les premiers étudiants espagnols, à l'exception des moines qui portent les habits de leur ordre, portent un costume imposé par l'église, institution dont ils dépendent.
Celui-ci doit être décent, sobre, non ostentatoire, dépourvu de couleurs vives, de soieries et d'ornements coûteux.
Il se compose généralement comme suit :
- la "loba" (la louve), sorte de soutane courte,
- du "manteo" (manteau) noir, d'oĂą leur nom de "manteistas",
- Une bonnette leur tient lieu de couvre-chef, elle sera substituée par le chapeau large au XVII° siècle puis par le Bicorne ou Tricorne en 1770.
Les collégiaux se distinguent par leurs "becas" de couleurs différentes selon leur collège.
Les armes leurs sont bien sûr interdites, à l'exception de l'épée, de le dague et du couteau.

Voici comment Don Fernando Díaz Plaja dépeint un étudiant en 1542 :
"Passe un étudiant ... la beca portée en bandoulière et quasiment jusqu'aux genoux par-dessus l'ample cape obscure. Les étudiants portent de préférence une cape vieille et abîmée car elle indique leur ancienneté à l'université".
De plus, ce costume d'aspect pauvre, et le plus souvent dans le cas des sopistas, élimé et rapiécé, permettait d'apitoyer les passants et ainsi d'obtenir plus facilement gîte et couvert ou quelques autres subsides.

Toutes les bonnes choses ont une fin et, au XIX° siècle, une série de réformes, dont le nouveau plan d'étude de 1836, et la révolution de septembre 1868 affectent l'Université espagnole, abrogeant, entre autre, les prérogatives et privilèges des fors estudiantins et le port obligatoire du costume clérical académique.
Les Ă©tudiants se voient alors contraints de raccrocher manteaux, becas et tricornes et d'utiliser des habits "civils".

Le costume utilisé actuellement est une dérivation du costume qu'adoptèrent les tunas qui se reconstituèrent à la fin du XIX° siècle et au début du XX°.
Celui-ci imite le costume estudiantin des temps anciens, y adjoignant des éléments plus colorés et chatoyants, propres au baroque espagnol.

En détail le costume "actuel" se compose comme suit :

Le jubĂłn :

Pourpoint de velours noir ajusté et cintré.
Les manches sont bouffantes et doublées de satin de couleur.
Les tunos ont pour habitude d'y accrocher des pin's, des badges et autres breloques, souvenirs de leurs rencontres et de leurs périples.
Le jubón se porte sur une chemise blanche dont le col et les poignets (classiques ou en dentelle) dépassent.


Le pantalon (bombacho ou gregĂĽescos) :

Le pantalon peut ĂŞtre de style corsaire ou haut-de-chausses.
Il se porte sur des collants ou des mi-bas noir opaque.
Aux pieds, des chaussures basses de cuir noir avec ou sans boucle.


La beca (prononcer béca):

C'est une écharpe de feutre coloré, brodée du sceau de la Faculté ou de l'Université, qui se porte d'une épaule à l'autre par-dessus le pourpoint et formant un V sur la poitrine.
Anciennement, elle signifiait que celui qui la portait était boursier de l'université.
C'est aujourd'hui le symbole majeur de la Tuna car seuls les vétérans peuvent la porter (voir La hiérarchie).
La couleur de la beca identifie la FacultĂ© d'origine du tuno suivant un code couleur Ă©tabli (rouge/Droit, jaune/MĂ©decine, orange/Économie, etc.…).
La Tuna de Distrito de Pau, n'étant pas affiliée à une Faculté en particulier, a choisi de porter une beca bicolore verte et blanche aux couleurs sportives de la ville de Pau.


La capa :

Demie-cape de lainage noir doublée de satin de couleur.
Plus que la fidèle protectrice du tuno durant les nuits froides, elle en représente les deux conditions fondamentales :
le voyageur infatigable et le galant aimé de toutes, car elle porte les écussons des villes parcourues et les cintas (rubans) brodées de douces dédicaces, témoins de l'affection des nombreuses belles énamourées.
Mais ces coutumes sont modernes, adoptées par les tunas actuelles, et il n'existe aucune coutume similaire chez les anciens étudiants.


Malgré le traditionalisme, voire le conservatisme souvent forcené, de certaines Tunas actuelles, on peut déplorer, à tort ou à raison, le quasi-abandon de certains accessoires tels que :
- les boucles argentées des chaussures
- la fraise, remplacée par un col normal ou en en dentelle
- le bicorne
- la cuillère et la fourchette en bois croisées, souvenir de la condition d'étudiant pauvre et de soppista d'antan, et pourtant toujours considérées comme le symbole de la Tuna.

Ces évolutions et changements tendent à nous donner raison ou tout du moins prouvent qu'une tradition peut évoluer, contrairement à ce qu'essayent de nous inculquer nos chères consoeurs phallocrates espagnoles.


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